Notre corps est une machine à bouger. Façonnée pour courir, tirer, pousser, sauter, marcher, grimper, se déplacer à partir du sol. Actions dont dépendent notre bien-être physique et mental. L’immobilité dans laquelle notre corps s’enferre au fur et à mesure de nos “activités inactives”, nous appelle à repenser ce mode de vie sédentaire, et ces habitudes passives néfastes. Dès lors, il faut replacer le mouvement au centre de notre vie quotidienne, car c’est la clé de notre bien-être.

Plus de confort et de progrès: moins de mouvement

C’est un fait, notre corps est fait pour bouger et se mouvoir dans l’espace. Mais cette aptitude est largement mise à mal par une société en proie à la sédentarisation: réseaux et moyens de transports de plus en plus développés, digitalisation des activités, augmentation du confort domestique. Notre corps est plus que jamais prisonnier de ces carcans, résultats d’un mode de vie qui limite et jugule l’ensemble de nos facultés physiques.

La quête constante de l’amélioration du confort et du progrès technique, les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC), les nouveaux loisirs et divertissements, la tertiarisation et la digitalisation des métiers, tout cela est responsable du processus de sédentarisation que l’on connaît aujourd’hui. Il consiste en l’accumulation de toute une série de comportements passifs où le corps est immobilisé au profit d’une activité  cérébrale et visuelle quasi-exclusive. La réduction au minimum de la dépense physique est saisissable au quotidien, lors de nos déplacements notamment, avec l’apparition des trottinettes électriques qui s’ajoutent aux nombreux moyens de transports déjà existant. Les gens ne marchent même plus ou ne font plus de vélo, mais recherchent les moyens les plus rapides et les plus efficaces, sans prendre conscience de la déshumanisation de leur propre corps qu’ils ne savent plus utiliser !

Le temps de travail est lui aussi marqué par la disparition du mouvement. En effet, l’accroissement d’activités professionnelles face à un écran conduit à passer beaucoup trop de temps dans la même position assise. Un quinquagénaire, dans le cadre de son travail, resterait assis en moyenne 12 heures par jour, transport compris. Les activités de divertissement et de loisir à la maison, au vu du leur caractère passif, ajoutent leur pierre à l’édifice: les jeux vidéo, les réseaux sociaux, le surf sur le web ou encore la télévision. Tout cela crée un contexte défavorable pour l’activité corporelle.

Bouger apparaît comme une condition essentielle pour vivre en bonne santé physique et mentale, et augmenter son niveau d’activité corporelle.

Bouger pour ne pas mourir

La sédentarité, comme facteur de risque collectif, est passée devant le tabagisme car elle touche davantage de monde. Le fait d’être sédentaire augmente les facteurs de risques cardiovasculaires classiques, comme le surpoids, le diabète, et l’hypertension artérielle. Dans une population non sélectionnée de sujets âgés de 50 ans, l’espérance de vie sans diabète est augmentée de 2 ans pour des sujets modérément actifs et de 4 ans pour des sujets très actifs par rapport à des sujets sédentaires. De plus, la position assise maintenue plus de 3 heures par jour est à l’origine de 3.8% des décès chaque année.

Aussi, la société moderne étant basée sur des valeurs telles que la performance et le dépassement de soi, l’esprit de compétition qui en découle génère souvent un stress négatif chez une les individus. L’activité corporelle (qu’elle soit sportive, de détente ou bien-être) apparaît comme un moyen efficace pour décompresser, faire le vide mentalement, bouger son corps différemment que dans les activités du quotidien, et assurer un sommeil de meilleure qualité.

Une bonne solution pour lutter contre la position assise prolongée est de changer de posture régulièrement et notamment de se reconnecter aux postures primaires comme la position accroupie que l’on appelle aussi squat asiatique. Quand vous êtes chez vous, essayez d’utiliser le moins possible le canapé, le fauteuil ou la chaise et au contraire reconnecter vous au sol à travers les postures ancestrales de l’être humain.

Bouger plus et bouger mieux

En matière d’activité physique, les recommandations actuelles pour la population active est de 30 minutes de marche rapide par jour minimum. Pour atteindre cet objectif, il suffit simplement de revoir les moyens de déplacement. Préférons un mode de transport dit actif. Délaissons le bus  et marchons, optons pour le vélo plutôt que la voiture. Du vrai vélo. Pas de trottinettes, et surtout pas électriques. Les trajets seront plus longs, mais ce n’est pas important. Ce qui compte, c’est votre ressenti et votre bien-être général.

Cela peut et devrait s’articuler avec des pratiques sportives intenses qui stimulent l’ensemble de la masse musculaire permettent d’améliorer considérablement notre condition physique et notre métabolisme. La natation, le sprint, le judo, la boxe, la capoeira, le MMA, la musculation, la gymnastique ou l’haltérophilie. De plus, ces activités sollicitent le corps différemment de la routine corporelle quotidienne (marche et position assise), et c’est en cela aussi très sain pour notre squelette et nos articulations.

En conclusion

Bouger est une action fondamentalement humaine, mais elle est pourtant devenue aujourd’hui une obligation nécessaire pour l’ensemble de la population. La reconnexion corporelle par le mouvement doit se faire par un mode de transport actif, une pratique sportive intense et une utilisation accrue du corps dans le quotidien comme les positions d’attente chez soi pour lire, travailler, regarder un film ou tout simplement passer du temps en famille.

Ce qu’il faut retenir

  • bouger c’est vivre et l’immobilité c’est la mort car toute chose rigide est une chose morte
  • replacez votre corps au centre de votre quotidien
  • variez vos activités et votre temps d’occupation
  • ne restez pas toujours dans la même position et variez vos postures d’attente