Ceux qui blâment les ruminants pour leur production de méthane devraient être prêts à se rendre compte des apports supplémentaires que le méthane apportent aussi. On estime qu’une petite population de mollusques et de crustacés de la mer Baltique produit l’équivalent en méthane de 20 000 bovins laitiers. Selon des chercheurs de l’Université de Stockholm et de l’Université de Cardiff, « ces petits animaux encore très abondants peuvent jouer un rôle important dans la régulation des émissions de gaz à effet de serre dans la mer ».
Les émissions de méthane proviennent de la dégradation anaérobie des matières organiques (comme nos restes de cuisine de compostage), et dans le cas de la production alimentaire, certains de la digestion des ruminants. Il existe beaucoup de contributeurs à la production de méthane. Curieusement, les méchants dans l’histoire sont les animaux de pâturage. Cette vision est réductrice, alarmante et stupide. Le méthane produit par un processus biologique fait partie d’un système, ne fournit pas d’intrant net au système, et est causé par des organismes vivants.
Le méthane émis par les bovins fait partie du cycle naturel ou biogénique du carbone, alors que les combustibles fossiles ne le sont pas. Les combustibles fossiles proviennent de carbone « ancien » qui a été enfermé sous terre pendant des millions d’années. Quand il est extrait, il ajoute du nouveau carbone à l’atmosphère, qui dure alors des milliers d’années.
Les bovins par leur processus digestif, transforment le carbone existant, sous forme d’herbe et d’autres matières fibreuses, en méthane. Le méthane est ensuite relâché, et après une dizaine d’années, est décomposé en molécules d’eau et de dioxyde de carbone. Le CO2 (dioxyde de carbone) et le H20 (molécule de l’eau) sont ensuite libérés depuis l’atmosphère, ce qui alimente à son tour l’herbe et les sols. Et le cycle se poursuit.